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Les enfants du Paradis
Réalisé par Marcel Carné en 1945
Durée : 189 min
Interprétation : Arletty, Jean-Louis Barrault, Pierre Brasseur, Marcel Herrand, Maria Casares, Gaston Modot, Pierre Renoir
Pays : France
Ce film en deux époques Le Boulevard du crime et L’Homme blanc a été tourné à Paris sous l’occupation.
Paris, 1828. Sur le boulevard du Crime, au milieu de la foule, des acteurs et des bateleurs, le mime Baptiste Deburau, par son témoignage muet, sauve Garance d’une erreur judiciaire. C’est ici que commencent les amours contrariées de Garance, femme libre et audacieuse, et de Baptiste qu’elle intimide et qui n’ose lui déclarer sa flamme. Mais aussi ceux de Nathalie, la fille du directeur du théâtre, qui aime Baptiste, et Frédérick Lemaître, un jeune acteur prometteur, qui entame une liaison avec Garance, tandis que cette dernière aime aussi Baptiste en secret. On y rencontre également Pierre-François Lacenaire, personnage historique, brigand, criminel et écrivain qui a été guillotiné en 1836.
Dans la première époque apparait un faux aveugle « Fil de soie » incarné par Gaston Modot. On le voit, de nuit, appuyé contre un mur, une canne et une cage à ses côtés, un gris du Gabon sur l’épaule. Il crie « Pitié d’un pauvre aveugle », puis il interpelle Jean-Baptiste (Jean-Louis Barreau) qui marche discrètement sur la pointe des pieds en passant devant lui et l’interpelle : « Tu as peur de devoir me donner quelque chose ? ». S’en suit une discussion et ils se rendent ensemble à une taverne. Barreau veut l’aider, mais il réplique « Je connais le chemin ». Une fois à table, des clients viennent vers lui pour une expertise. Avec ses doigts, il distingue le jonc de l’osier. Puis il avoue, en ouvrant les yeux : dehors, je suis un vrai aveugle, ici, je suis guéri !
On notera qu’Arletty (1898-1992) est devenue aveugle les dernières années de sa vie. Suite à une dégénérescence musculaire, sa vue commence à baisser dès les années 1950 et elle perd définitivement la vue en 1960. Elle vit alors retirée dans son appartement parisien entourée de proches. Son numéro de téléphone figurant dans le bottin, elle recueille des appels de personnes non voyantes qu’elle réconforte. Le jeune réalisateur Leos Carax lui propose dans les années 1980 d’apparaître dans son premier long métrage Boy meets Gril où il imagine pour elle un rôle d’aveugle. Son refus est souvent interprété comme un geste de dignité et de contrôle de son image. Elle préférait que le public garde le souvenir de la femme vives, spirituelle et libre qu’elle avait incarnée plutôt que celui d’une vieillesse marquée par la maladie. Le scénario sera changé, n’impliquant plus un ou une aveugle.
