La ronde de nuit (Nightwatching)

Réalisé par Peter Greenaway en 2007

Durée : 134 min

Interprétation : Martin Freeman,Emily Holmes, Michael Teigen, Anja Antonowicz, Eva Birthistle

En 1654, à Amsterdam, Rembrandt se réveille en sursaut : il vient de rêver qu’il est aveugle. Ce cauchemar le replonge 12 ans en arrière, en 1642, alors qu’il travaille sur son œuvre la plus célèbre, La Ronde de nuit.

Alors que le peintre est au sommet de son art et de sa gloire, la milice des Mousquetaires d’Amsterdam lui demande un portrait de groupe. Malgré sa réticence face à ces soldats qui ne cherchent qu’à se pavaner, Rembrandt accepte : sa femme Saskia est enceinte, et cette toile monumentale assurerait un futur stable à cet enfant longtemps désiré. Mais le peintre a un mauvais pressentiment et sait déjà que cette toile ne sera pas qu’un simple portrait de groupe. Il ne sait pas peindre avec complaisance et pressent que ce tableau précipitera sa chute.

A plusieurs reprises dans le film, il est question d’yeux. Rembrandt tire au mousqueton et de la poudre couvre ses yeux. Vers la fin du film, il se plaint de mal voir avec l’oeil droit depuis 30 ans (ce qui est véridique). Il dit de la milice : ils ont fait de moi un aveugle. « Obscurité peinte… Il fait toujours noir… Je suis perpétuellement dans la nuit ». Autre phrase retenue : « Avoir des yeux, c’est être témoin ».

Et voici le dialogue du début du film retranscrit, lors du cauchemar : « Ouvre les yeux, pauvre fou ! », puis cet échange avec la servante faisant intervenir la synesthésie : Oh, oh, mon dieu, oh, ce n’était qu’un cauchemar, je suis réveillé, n’est-ce pas ? Je regardais la nuit, je l’observais, j’ai vu la nuit, je regardais dans l’obscurité, l’obscurité sans fin ; j’ai scruté les ténèbres comme la sentinelle qui fait sa ronde de nuit. Ce n’était qu’un rêve ! Je suis aveugle, je viens d’être aveugle. Réplique de Hendrickje : Vous avez fait un cauchemar. Suis-je réellement en mesure de te voir Hendrickje ? Toi qui es rouge sang, hein ? Tu vois, je sais, je sais. Une couleur, si tu es aveugle… Hendrickje, décris-moi la couleur rouge, comme si tu parlais à elle. – Vous verrez très clair : c’est la couleur du sang. Le rouge est épais au toucher. Comme on ne peut pas parler d’une chose par la couleur, on en parle par le toucher, le rouge est impropre. Et chaud, quand ça refroidit, ça forme une croûte. – Et le jaune, c’est comment ? – C’est le soleil. Et ça a une odeur. Le jaune, c’est une couleur qui sent. – Le jaune est plus fin que le rouge, plus transparent. Le jaune bouge, le rouge est statique, il se solidifie. Le jaune bouge tout le temps. Le jaune est comme un liquide, une bière habu. De l’urine, de la pisse. On ne se rend pas si bien avec ça, au début.

Concernant les artistes peintre ayant perdu partiellement ou totalement la vue, nous proposons un article de la revue Beaux-Arts sur Monet, Van Gogh, Pissaro, Rembrandt et Degas : lien

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