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A vingt-trois pas du mystère (23 Places to Baker Street)
Réalisé par Henry Hathaway en 1956
Durée : 103 min
Interprétation : Van Johnason, Cecil Parker
Le film est adapté du roman Warrant for X de Philip MacDonald, mais le scénario ajoute un élément particulièrement original : le héros est aveugle et doit résoudre l’affaire grâce à son ouïe, son odorat, sa mémoire et sa capacité d’analyse
Phillip Hannon est un dramaturge américain vivant à Londres. Devenu aveugle à la suite d’un accident, il s’est isolé du monde. Il a même rompu avec sa fiancée, Jean Lennox, car il refuse de lui imposer le poids de son handicap. Malgré son amertume, il a appris à se déplacer seul dans son quartier et fréquente régulièrement un pub voisin. Un soir, installé dans ce pub, il entend derrière une cloison vitrée une conversation entre un homme et une femme. Celle-ci est interrompue par un jeu de flipper et il ne perçoit que des fragments, mais certains mots attirent immédiatement son attention : il est question d’une date précise, d’une personne nommée Mary, d’argent et d’une opération qui ressemble fortement à un enlèvement. On ne distingue que leurs ombres, ce qui nous met dans la situation du non-voyant. Lorsque ces derniers sortent par la porte à côté de lui, un gant tombe. Il le ramasse et le sent. Une fois partis, il demande à la serveuse à quoi ils ressemblaient. Elle répond : « Ils sont comme tout le monde ! » De retour chez lui, il dicte de mémoire tout ce qu’il a entendu sur son magnétophone. Puis il réécoute et analyse chaque phrase comme s’il s’agissait d’un dialogue de théâtre. Son métier de dramaturge lui donne une capacité exceptionnelle à interpréter les sous-entendus et les intentions cachées derrière les mots. Il remarque que la femme portait un parfum coûteux : Plaisir d’amour que sa fiancée portait il y a trois ans. En l’entendant parler, il comprend qu’elle n’appartient probablement pas à un milieu suffisamment aisé pour se payer un tel parfum. Cette contradiction devient une piste importante : elle travaille sans doute dans une maison riche où elle a accès à des produits de luxe.
À partir de la conversation, il comprend progressivement que la femme semble liée à un enfant. Il en conclut qu’elle pourrait être gouvernante ou nurse. Cette hypothèse devient la clé de toute l’enquête. D’autres détails entendus dans le pub lui permettent de savoir qu’elle fréquente la ligne d’autobus londonienne 27. Comme il ne peut pas suivre lui-même les suspects, il utilise Jean et son fidèle assistant Bob Matthews comme ses « yeux ». Hannon contacte l’inspecteur de police, persuadé qu’un enlèvement va être commis. Mais les policiers restent sceptiques. Pour eux, il ne s’agit peut-être que de l’imagination d’un écrivain habitué à inventer des intrigues. Ils ne disposent d’aucune preuve concrète. Il va donc poursuivre l’enquête par ses propres moyens. Avec Jean et Bob, son secrétaire et serviteur, il met en place une véritable enquête privée. Ils recherchent dans le bottin les agences de gouvernantes et de nurses susceptibles d’employer la mystérieuse femme du pub. Petit à petit, ils identifient Janet Murch, une jeune femme apparemment prise au piège par des criminels et qui a quitté son travail. Jean va dans une agence de recrutement de jeunes filles pour bonnes familles et demande après elle. On lui propose d’autres candidates. Jean donne l’adresse de l’écrivain pour la recevoir. Une femme vêtue de bleu et portant le parfum Plaisir d’amour se présente. Miss Mc Donald tend son CV que Philipp feint de lire. On explique à la jeune femme que pour l’instant, on n’a pas besoin d’elle. Une fois partie il demande à ses comparses : vous avez senti ? Vous avez entendu ? Vous qui avez des yeux ne voyez jamais rien ! Elle a changé sa voix. L’écrivain met une annonce dans le journal avec son adresse et numéro de téléphone pour que Janet Murch prenne contact. Celle-ci va le faire, lui donne rendez-vous dans le bar d’en face d’ici une heure et dit que son oncle sera là. Elle raccroche et se fait assassiner.
Sans méfiance, Philipp se rend au rendez-vous. Joe, le client qui jouait au flipper et se fait passer pour l’oncle est là et dit qu’il va l’amener dans un lieu tranquille pour la rencontre. Il lui prend le bras, lui fait monter les escaliers d’une maison en ruine dans une zone dangereuse et interdite, puis l’enferme dans une pièce. On se rend compte qu’il n’y a plus de façade ; cette maison a été partiellement détruite par une bombe. Il tâtonne avec sa canne et risque de chuter. Bob parti à sa recherche le voit depuis en bas et lui dit de ne surtout pas bouger ! Joe retourne à l’agence disant à son chef que le problème est réglé.
Entre temps, la police a pris l’affaire au sérieux. L’enregistrement a révélé une nouvelle piste avec Marry qui n’est pas une personne, mais le Queen Merry, un bateau devant amener la future victime. En recoupant les informations et les familles fortunées susceptible d’avoir un enfant à faire garder, il ressort qu’un couple hollandais a une fille adolescente handicapée qui a besoin de soins et va arriver. C’est elle la victime.
La police arrive dans un parc où on l’a repérée avec la nurse, mais le kidnapping a déjà eu lieu. On la retrouve dans une vieille maison entourée de ravisseurs, mais le danger est toujours là et la nurse disparue. Philippe feint une scène de ménage et chasse Jean de son appartement. Il ne veut pas la mettre en danger, sachant que le tueur viendra.
En effet, le chef des criminels s’introduit de nuit dans l’appartement de Hannon pour se venger : il monte par l’escalier de secours en colimaçon et entre par une fenêtre. Hannon comprend immédiatement que l’obscurité annule l’avantage principal de son adversaire. Il fait alors plonger l’appartement dans le noir complet et met en boucle des enregistrements « Entre, tu n’as pas peur du noir ? » qu’il met en écho. À partir de cet instant, le criminel se retrouve dans la même situation que lui : incapable de voir. Hannon, habitué à vivre sans la vue, connaît parfaitement son environnement et se déplace grâce à sa mémoire spatiale. L’assassin, lui, devient maladroit et vulnérable ; désorienté, il tire au révolver en direction de la voix. Philippe se précipite sur lui et celui-ci perd l’équilibre, chute et meurt. La police, arrivée entre temps, lui révèle l’identité de son bourreau. Le happy end : les fiancés sont réconciliés et il lui demande : « Emmenez-moi voir le panorama. »
