A perte de vue

Réalisé par Pierre et Carla Petit en 2024

Durée : 52 min

Interprétation : Pierre et Carla Petit

Carla , 19 ans, se lance dans un voyage initiatique à cheval dans les steppes Kirghizes. Une aventure extraordinaire, d’autant plus que la jeune cavalière est malvoyante. Un nerf optique mal formé et une vision de l’espace qu’il faut sans cesse reconstruire. Le spectateur, via l’écran en partie obstrué, prend conscience de ce qu’est la vision tubulaire. Accompagnée par son père Pierre, chef opérateur et réalisateur, elle entame un parcours exigeant entre steppes et cols à plus de 4 000 mètres d’altitude. Volontaire, curieuse, elle découvre le pays et va à la rencontre du peuple nomade. Pierre filme le voyage de Carla et sert d’yeux à sa fille ; il lui décrit les scènes qu’elle ne peut voir, la prévient des dangers, l’encourage. Carla prodigue à son père des conseils d’équitation, et tente de lui communiquer sa relation singulière aux animaux, aux énergies, aux éléments. Elle communique avec l’indicible. On la voit dessiner un paysage et des cavaliers. A un moment donné, elle dit : « Quand je suis au galop, je me sens cheval! »  Le lien unique et fusionnel qui s’est tissé entre eux depuis 19 ans se dévoile peu à peu. Carla découvre le monde de son père, passionné d’images et de voyages. Pierre cherche à capter l’univers de sa fille. Il sait qu’après ce chemin parcouru ensemble, il devra la laisser s’envoler vers sa vie d’adulte.

À force de tout avoir sous les yeux… voit-on encore vraiment ? La performance du film de Carla et Pierre Petit n’est pas tant, voire si peu, d’évoquer un handicap et la manière dont on le surmonte que de nous ouvrir spectaculairement à une vision – juste mot ! – panoramique et sensible sur le vivant. “Si tu ne rêves pas, confie Carla, c’est que tu ne te laisses pas toucher par ce que tu vis”. »
(Festival Le Grand Bivouac)

Bande annonce

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