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Avant-propos
Image et cécité ? La question est double. Qu’est-ce qu’une image pour un non-voyant ? Une représentation mentale pour celle ou celui qui a vu par le passé, une description au travers de la voix d’autrui, donc forcément subjective ; une voix synthétique via un ordinateur ou un téléphone qui va décrire de manière neutre et sans affect.
Pour un non-voyant de naissance, comment raisonne la description d’une image, quelle image mentale le traversera ? Comment se représenter une couleur alors que l’on a jamais vu avec ses yeux de chair ? Une infinité de questions d’autant plus importantes dans notre monde actuel basé sur l’image et le paraître.
Depuis l’avènement du numérique et de l’intelligence artificielle, le monde des possibles s’est agrandi. Mon téléphone peut me décrire un cliché d’un de mes parents pris il y a une cinquantaine d’années et cela ravive tout un processus de mémoire. Je les ai vus, leur image s’est forcément un peu estompée depuis que je suis devenue aveugle. Les avancées technologiques les font ainsi revivre et ravive la mémoire.
Mais comment l’image va-t-elle représenter la cécité, l’être qui ne la voit pas ? Bien souvent par des clichés tels le port de lunettes noires, d’une canne blanche, la présence d’un chien guide à ses côtés. Beaucoup plus rarement sans ces « béquilles » visuelles. Et, il nous faut le souligner, encore plus rarement au travers d’une personne ou d’un comédien non-voyant lui-même. Paradoxal, à une époque où certaines formes de handicap sont un peu plus mises en lumière grâce notamment à un film populaire tel que Mon p’tit truc en plus (Artus 2024). Pourquoi donc ne pas donner la visibilité et la parole à des comédiens non-voyants ? Les portes des écoles de théâtre ou de cinéma leur sont-elles ouvertes ? J’espère que le futur puisse les mettre en lumière et offrir une représentation de la cécité au plus proche de la vérité du vécu.
Sylvie
Au cinéma, nombreuses sont les implications de personnages aveugles, comme le révèle la liste de plus de 300 films répertoriés à ce jour. Ceci nous a amenés à proposer un classement en fonction des diverses situations rencontrées. Les apparitions sont parfois éphémères, anecdotiques et juste nécessaires à l’action. On y croise aussi quelques faux aveugles. Mais, dans la plupart des cas, les aveugles interviennent dans l’action ou ont une importance notoire dans le film et sont au cœur du scénario (signalés par une*).
La palette humaine est bien représentée et les approches sont très diversifiées, tant au niveau de l’âge des protagonistes que de leur niveau social et culturel. Enfants et adolescents y ont une belle part. Les situations sont également variées : aveugle de naissance, ayant perdu la vue suite à un accident ou une maladie, personne recouvrant la vue. On entre dans l’état d’esprit de la personne, qu’elle soit désespérée, révoltée ou résiliente. Des célébrités et personnages historiques ont inspiré des biopics. D’aucuns excellent dans les arts martiaux, le sport, la musique, la sculpture ou tout autre forme d’art. Détenteurs d’une connaissance, d’un pouvoir, dotés d’un sixième sens, ils apportent parfois leur aide dans des enquêtes. De victimes à bourreaux, ils nous donnent des frissons ! Personnages plus ou moins sympathiques, dérangeants, suscitant ou non l’empathie. Quelques bijoux mettent en scène le toucher, l’ouïe, l’odorat et l’audiodescription. Il faut relever que le personnage non-voyant est souvent montré dans une dynamique de duo qui instaure une relation d’aide réciproque. Comme l’a souligné Sylvie, rarissimes sont les acteurs aveugles sollicités dans un rôle de non-voyant, ce qui est regrettable.
C’est tout cela que nous avons envie de partager, en démêlant l’écheveau de ces situations variées mises en scène sur grand écran.
Nous vous souhaitons de belles découvertes et merci de partager les vôtres !
Daniel
Liste des films recensés
Liste des films
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La course à la mort
Réalisé par Paul W. S. Anderson en 2008
(Durée : 105 min) -
La déesse de 1967 (The Goddess of 1967)
Réalisé par Clara Law en 2000
(Durée : 118 min) -
La femme de Seisaku
Réalisé par Yasuzô Masumura en 1964
(Durée : 63 min) -
La femme sur la plage
Réalisé par Jean Renoir en 1947
(Durée : 71 min) -
La fiancée de Frankenstein (The Bride of Frankenstein)
Réalisé par James Whale en 1935
(Durée : 75 min) -
La grande évasion (The Great Escape)
Réalisé par John Sturger en 1963
(Durée : 169 min) -
La légende de Zatoïchi – voyage meurtrier
Réalisé par Kenji Misumi en 1964
(Durée : 87 min) -
La ligne droite
Réalisé par Régis Wargnier en 2011
(Durée : 98 min) -
La lumière qui s’éteint (The Light that Failed) 1939
Réalisé par William A. Wellman en 1939
(Durée : 1h30 min) -
La lune rouge
Réalisé par Hassan Benjelloun en 2013
(Durée : 117 min) -
La maison dans l’ombre (On Dangerous Ground)
Réalisé par Nicholas Ray et Ida Lupino en 1952
(Durée : 82 min) -
La Mélodie du bonheur (The Sound of Music)
Réalisé par Robert Wise en 1965
(Durée : 294 min) -
La Môme
Réalisé par Olivier Dahan en 2007
(Durée : 140 min) -
La nouvelle aurore (Bright Victory)
Réalisé par Mark Robson en 1951
(Durée : 96 min) -
La nuit est mon royaume
Réalisé par Georges Lacombe en 1951
(Durée : 110 min) -
La Nuit miraculeuse
Réalisé par Ariane Mnouchkine en 1989
(Durée : 137 min) -
La part obscure (In Darkness 2018)
Réalisé par Anthony Byrne en 2018
(Durée : 100 min) -
La part obscure (In Darkness)
Réalisé par Anthony Byrne en 2018
(Durée : 100 min) -
La Princesse et le Guerrier (Der Krieger und die Kaiserin)
Réalisé par Tom Tykwer en 2000
(Durée : 135 min) -
La prisonnière des ténèbres (La cieca di Sorrento) 1934
Réalisé par Nunzio Malasomma en 1934
(Durée : 68 min) -
La prisonnière des ténèbres (La cieca di Sorrento) 1953
Réalisé par Giacomo Gentilomo en 1953
(Durée : 90 min) -
La prunelle de mes yeux
Réalisé par Axelle Ropert en 2016
(Durée : 90 min) -
La reine du hold-up (This Woman is dangerous)
Réalisé par Félix E. Feist en 1952
(Durée : 100 min) -
La ronde de nuit (Nightwatching)
Réalisé par Peter Greenaway en 2007
(Durée : 134 min)
